Aller au contenu
Le journal de la Franche-Comté. Lundi 19 octobre19 Oct
Culture

Tournages en Franche-Comté : ces décors que vous reconnaissez à l’écra

Citadelle de Besançon, villages du Haut-Jura : comment repérer un vrai tournage régional et devenir figurant d'un jour près de chez vous.

Clara MorelClara Morel Publié le 19/10 à 19h33 6 min de lecture

Tournages en Franche-Comté : ces décors que vous reconnaissez à l'écra
Photo d’illustration — Tournages en Franche-Comté : ces décors que vous reconnaissez à l’écra
Dans cet article

Une rue pavée, des volets bleus, un clocher qu’on reconnaît sans savoir le nommer. Depuis deux ans, les tournages reviennent en Franche-Comté, et des spectateurs reconnaissent leur rue dans une série sans toujours en être sûrs. Entre un vrai repérage et un plan généré par ordinateur, la confusion existe déjà : on en parlait récemment à propos de la façon de repérer une vidéo générée par ia, et le sujet mérite qu’on s’y attarde aussi pour le cinéma bien réel qui se tourne chez nous.

Pourquoi les tournages reviennent en Franche-Comté

Les bureaux d’accueil des tournages du Doubs et du Jura ne désemplissent plus depuis la saison 2023-2024. La région offre un décor rare en France : du Moyen Âge intact à Besançon, des fermes comtoises isolées dans le Haut-Jura, et des routes de montagne qui ressemblent à la Suisse sans le coût suisse.

Les productions aiment aussi la discrétion. Pas de foule de touristes à gérer comme à Paris ou Annecy, des autorisations municipales qui se négocient en quelques semaines, et des hébergements disponibles toute l’année. Un directeur de production n’a pas besoin d’un mois pour verrouiller un plan de tournage ici.

Mon avis : ce n’est pas un hasard conjoncturel, c’est un calcul budgétaire froid. Une équipe qui tourne en Franche-Comté économise sur l’hôtellerie et la figuration ce qu’elle dépenserait en complications à Paris.

Les lieux du Doubs et du Jura déjà vus à l’écran

La citadelle de Besançon revient régulièrement comme décor de fiction historique : ses remparts signés Vauban se filment sans artifice, aucun décor à construire. Le centre ancien de Besançon, avec ses hôtels particuliers Renaissance, sert souvent de toile de fond à des scènes d’époque qu’on situerait plus volontiers à Lyon ou en Bourgogne si on ne connaissait pas la ville.

Plus au sud, les villages du Haut-Jura comme Mouthe ou Les Rousses apparaissent dans des productions qui cherchent un hiver crédible, sans les coûts d’un tournage dans les Alpes. Le saut du Doubs et les gorges de la Loue, eux, se prêtent aux plans aériens qu’on glisse en ouverture de film pour planter une ambiance.

On reconnaît ces lieux parce qu’on y est allé, pas parce qu’une affiche les annonce. C’est souvent un détail minuscule, un pont, une devanture, qui trahit la région avant même le générique.

À lire aussiComment débuter le tricot et choisir le matérielLire l'article ↗

Figurant d’un jour : comment ça se passe concrètement

Devenir figurant ne demande ni carte professionnelle ni expérience. Les agences locales recrutent via des annonces sur les réseaux sociaux régionaux, souvent une à deux semaines avant le tournage. On vous demande une photo récente, votre taille, et votre disponibilité sur une ou deux journées complètes.

La rémunération reste modeste, autour de 80 à 120 euros la journée selon les productions, repas compris. Les horaires, eux, surprennent toujours les débutants : une convocation à 6 heures du matin pour une scène qui dure trois minutes à l’écran n’a rien d’exceptionnel.

Le conseil qui vaut la peine : prévoyez des vêtements neutres, sans logo visible et sans motif voyant. Les habilleurs refusent systématiquement un figurant en tee-shirt de marque, et ça évite un aller-retour chez vous le matin même.

Reconnaître un vrai décor local dans une bande-annonce

Le signe le plus fiable reste la lumière. Les toits en tuiles vernissées de Besançon réfléchissent une teinte particulière en fin de journée, que les décors reconstitués en studio n’imitent jamais vraiment. Un œil habitué au Jura repère aussi la densité des sapins sur les crêtes, différente de celle des Vosges ou des Alpes.

Deuxième indice : l’accent. Une production qui tourne réellement sur place embauche souvent quelques figurants locaux dont on entend l’intonation comtoise dans le bruit de fond, même sans dialogue écrit pour eux.

Enfin, le générique de fin cite presque toujours les communes d’accueil et les bureaux de tournage régionaux. C’est la preuve la plus simple, et la plus souvent ignorée par les spectateurs pressés de couper l’écran avant la fin.

Repérer un tournage en Franche-Comté : les 4 indices qui ne trompent pas

La lumière
Teinte particulière des toits vernissés en fin de journée

Le relief
Densité des sapins sur crête, propre au Jura

L’accent
Intonation comtoise des figurants de fond

Le générique
Mention des communes et bureaux d’accueil

Cet article peut aider un proche ?

Ce que la région gagne quand une équipe s’installe ici

Un tournage de trois semaines ne se limite pas aux cachets des figurants. Les hôtels, les restaurants et les loueurs de véhicules locaux encaissent des réservations qu’ils n’auraient pas en basse saison. Les équipes techniques logent souvent sur place plutôt que de faire la navette depuis Lyon, ce qui change la donne pour un hébergeur du Jura en novembre.

Les communes y voient aussi un intérêt indirect : une scène identifiable ramène des visiteurs curieux, bien après la sortie du film ou de la série. Cour d'un château franc-comtois utilisé comme décor de tournage La citadelle de Besançon a vu sa fréquentation grimper après chaque passage à l’écran, sans qu’un seul euro de publicité y soit consacré par la ville.

Si vous vous déplacez pour visiter un de ces lieux après l’avoir repéré à l’écran, pensez à vérifier les horaires de transport avant de partir : certains villages du Haut-Jura restent mal desservis hors saison touristique.

Les prochains tournages annoncés dans le secteur

Les bureaux d’accueil communiquent rarement les titres avant le début du tournage, pour des raisons de confidentialité contractuelle. Mais les annonces de recrutement de figurants, elles, apparaissent publiquement plusieurs semaines en amont sur les pages régionales dédiées au cinéma.

Mon avis tranché : si vous voulez vivre l’expérience au moins une fois, inscrivez-vous dès maintenant auprès d’une agence de figuration locale plutôt que d’attendre une annonce précise. Les castings se font vite, souvent en quarante-huit heures, et les indécis ratent systématiquement le coche.

La prochaine fois qu’une scène vous semblera familière à l’écran, regardez la lumière avant le générique. C’est souvent elle qui parle la première.

Faut-il habiter la région pour devenir figurant ?

Non, mais les productions privilégient les candidats disponibles sur plusieurs jours sans frais de déplacement, ce qui avantage naturellement les habitants du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort.

Les tournages gênent-ils vraiment la circulation ?

Sur une rue ou un pont fermé quelques heures, oui, et les déviations s’organisent souvent sur les axes déjà couverts par notre point sur la mobilité et les transports en Franche-Comté.

Cet article vous a aidé ?

Une question sur cet article ?

Une situation particulière, une information à corriger ou à compléter : la rédaction lit tous les messages.

Écrire à la rédaction

Clara Morel

Rédactrice · culture, actualités, environnement

Clara couvre les sujets liés à la culture et à l'environnement en Franche-Comté. Elle s'assure de la véracité des informations en s'appuyant sur des sources fiables et en croisant les données avant publication.

Voir tous les articles de Clara

🔥 Les plus lus cette semaine

  1. 1Taxe soda 2026 : ce qu’elle prélève sur une canette d’énergisante, avec ou sans sucre
  2. 2Le Super Comice 2026 : Une Renaissance Attendue pour l’Agriculture Franc-Comtoise
  3. 3Gougères au comté
  4. 4Qui organise la mobilité en Bourgogne‑Franche‑Comté
  5. 5Document en arabe : faut-il un traducteur de la cour d’appel locale ?

Encore en Culture