Aller au contenu
Le journal de la Franche-Comté. Vendredi 16 octobre16 Oct
Vos droits

Financer un projet local sans prêt bancaire : les solutions

Prêt bancaire refusé pour votre projet ? Panorama des alternatives : don, prêt participatif, partage de revenus, et comment vérifier une plateforme agréée.

Thibault GarnierThibault Garnier Publié le 16/10 à 00h43 8 min de lecture

Financer un projet local sans prêt bancaire : les solutions
Photo d’illustration — Financer un projet local sans prêt bancaire : les solutions
Dans cet article

Un prêt bancaire refusé, un apport jugé trop faible ou une activité encore trop récente ne ferment pas toutes les portes pour financer un petit projet local en Bourgogne-Franche-Comté : plusieurs mécanismes de financement participatif existent à côté du crédit classique, du don pour un projet associatif au partage d’une part du chiffre d’affaires futur pour une activité déjà en route. Aucun de ces mécanismes ne garantit qu’une collecte aboutisse ; ce sont des pistes à connaître et à comparer selon la nature du projet, pas des solutions automatiques qui remplaceraient dans tous les cas un crédit classique.

Le financement participatif : panorama des mécanismes

Le financement participatif regroupe en réalité plusieurs mécanismes bien distincts : le don, le prêt (à titre gratuit ou, dans des cas encadrés, à titre onéreux) et la prise de participation au capital. Les plateformes qui mettent en relation porteurs de projet et financeurs pour organiser ces collectes doivent être immatriculées à l’ORIAS comme intermédiaires en financement participatif, sous le contrôle de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Pour un porteur de projet qui a déjà une activité économique et un chiffre d’affaires, une déclinaison existe aussi en financement participatif en royalties : le financement y prend la forme d’un partage, selon la plateforme, d’une part du chiffre d’affaires futur, sans céder de capital et sans calendrier de remboursement fixe comme celui d’un prêt classique.

Cette distinction compte, parce qu’elle sépare deux publics très différents. Le don participatif s’adresse en priorité à des projets associatifs ou citoyens sans contrepartie financière attendue par le financeur : on soutient une cause, pas un investissement. Le partage de revenus, à l’inverse, suppose qu’il existe déjà un chiffre d’affaires sur lequel calculer la part reversée : c’est un mécanisme pensé pour des entreprises ou des porteurs de projet économique déjà en activité, pas pour un particulier sans activité ni pour une association sans recettes commerciales. Confondre les deux revient à présenter une solution à un public à qui elle ne correspond pas.

Sur ce créneau du partage de revenus, WE DO GOOD est l’un des intermédiaires existants : il est immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 17002712 comme Intermédiaire en Financement Participatif, contrôlé par l’ACPR. Une source indépendante de sa propre page indique que cette société a été fondée en 2013 et rachetée en avril 2024 par érable° (Smart Impact). Selon la page que cet intermédiaire consacre à son offre, l’investissement minimum pour un financeur serait de 100 €, et le mécanisme se présente comme non-dilutif puisqu’il ne fait pas entrer le financeur au capital de l’entreprise financée ; cette information provient de la page elle-même et se lit donc au conditionnel, sans garantie du site qui vous informe.

Pourquoi le prêt bancaire classique ne convient pas toujours à un petit projet

Un artisan qui démarre, un commerçant qui veut agrandir sa boutique ou un responsable associatif porteur d’une activité économique se heurte souvent aux mêmes freins devant un crédit bancaire classique : un apport personnel jugé insuffisant par l’établissement, une activité trop récente pour présenter plusieurs exercices comptables, ou simplement un besoin de flexibilité que le calendrier rigide d’un prêt amortissable ne permet pas. Ce sont des freins structurels, pas une fatalité : ils expliquent pourquoi d’autres mécanismes de financement existent en complément ou en alternative du prêt bancaire, sans que l’un remplace nécessairement l’autre. Dans certains cas, un porteur de projet combine d’ailleurs un prêt bancaire partiel avec un autre mécanisme plutôt que de choisir une seule voie de financement.

À lire aussiCasquette en coton bio : 79 € justifiés ou simple étiquette ?Lire l'article ↗

Le don participatif pour un projet associatif local

Pour un projet associatif à but non lucratif, les plateformes de don les plus citées fonctionnent par collecte auprès du grand public : chacun contribue librement, sans attendre de retour financier. Selon HelloAsso, cette plateforme se positionne comme gratuite pour les associations, sans commission annoncée sur les sommes collectées. C’est un fonctionnement propre au don participatif, qui ne se transpose pas tel quel à un mécanisme de partage de revenus : une association sans activité commerciale n’a, par définition, pas de chiffre d’affaires sur lequel asseoir un remboursement en royalties. Le choix du mécanisme dépend donc avant tout de la nature du projet et de l’existence ou non d’une activité économique derrière, bien avant de comparer les plateformes entre elles.

Vérifier le statut d’une plateforme avant de s’engager

Avant de confier un projet ou de placer de l’argent sur une plateforme de financement participatif, un réflexe de vérification s’impose : l’intermédiaire doit être immatriculé à l’ORIAS comme Intermédiaire en Financement Participatif (IFP), et son activité est contrôlée par l’ACPR. Cette immatriculation couvre les montages de don, de prêt et de partage de revenus organisés par l’intermédiaire. Elle a toutefois une limite, qu’il faut garder en tête : pour financer des porteurs de projet via des prêts à titre onéreux plus larges ou via l’émission de titres financiers, au-delà du cadre strict de l’IFP, une plateforme doit détenir un agrément distinct de Prestataire de Services de Financement Participatif (PSFP), délivré par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Vérifier qu’une plateforme est immatriculée ne dit donc pas tout : encore faut-il vérifier que le type d’opération proposé correspond bien au statut détenu, IFP ou PSFP selon le montage, et ne pas se contenter d’un sigle affiché sur une page d’accueil.

Checklist avant de se lancer

Avant de choisir un mécanisme de financement participatif pour un projet local, quelques points méritent d’être vérifiés point par point, quelle que soit la plateforme envisagée :

– La nature exacte du mécanisme proposé : don sans contrepartie, prêt, partage de revenus ou prise de participation ne se négocient pas dans les mêmes conditions ni pour le même type de projet.

– L’immatriculation de la plateforme à l’ORIAS, et le statut correspondant (IFP pour la mise en relation classique, PSFP pour certains prêts onéreux ou l’émission de titres).

– La part du chiffre d’affaires ou le montant demandé en contrepartie, formulé clairement par la plateforme, sans zone d’ombre sur le calcul ni sur la durée pendant laquelle elle s’applique.

– Les obligations déclaratives qui peuvent s’appliquer au porteur de projet selon le montage retenu, à vérifier auprès d’un professionnel plutôt qu’à deviner ou à minimiser.

Ce contenu informe, il ne remplace pas un avis professionnel

Cette page présente des mécanismes de financement et des plateformes existantes à titre d’information. Elle ne garantit aucun résultat de collecte, ne constitue pas un conseil financier personnalisé et ne remplace pas l’avis d’un expert-comptable ou d’un conseiller bancaire avant d’engager un projet. Le partage de revenus implique de reverser une part du chiffre d’affaires futur : ce n’est ni un don, ni un prêt sans contrepartie, et cette contrepartie doit être comprise avant tout engagement.

Ce que nous n’avons pas pu vérifier

Nous n’avons trouvé aucune donnée chiffrée fiable sur le taux de réussite des collectes de financement participatif, qu’il s’agisse de don, de prêt ou de partage de revenus. Aucune source ne donne non plus de pourcentage de royalties type ni de montant moyen levé sur ce type de montage. Nous n’avons pas trouvé de donnée régionale propre à la Bourgogne-Franche-Comté, par exemple un taux de refus bancaire des petites structures ou un nombre de collectes réussies dans la région. Ces chiffres ne figurent pas dans cette page, par choix : plutôt que d’inventer une donnée pour faire paraître la page plus complète, nous préférons dire clairement qu’elle manque, et vous laisser vérifier directement auprès des plateformes ou d’un professionnel avant toute décision.

Questions fréquentes

Le financement participatif est-il réglementé ?

Oui. Les plateformes qui organisent des collectes de don, de prêt ou de partage de revenus doivent être immatriculées à l’ORIAS comme Intermédiaire en Financement Participatif et sont contrôlées par l’ACPR. Au-delà de ce cadre, certains montages, comme des prêts à titre onéreux plus larges ou l’émission de titres, exigent un agrément PSFP délivré par l’AMF.

Le partage de revenus convient-il à une association sans activité commerciale ?

Non, en principe. Ce mécanisme calcule un remboursement sur une part du chiffre d’affaires futur : il suppose qu’une activité économique génère déjà, ou générera, des recettes. Une association sans activité commerciale n’a pas cette base de calcul et s’oriente plutôt vers le don participatif, décrit plus haut dans cette page.

Existe-t-il un taux de réussite moyen des collectes de financement participatif ?

Nous n’avons trouvé aucune source fiable donnant un taux de réussite moyen, toutes plateformes ou tous mécanismes confondus. Mieux vaut comparer les conditions propres à chaque plateforme (statut, mécanisme, part demandée) que de se fier à un chiffre de réussite général, qu’aucune source sérieuse ne documente à ce jour.

Sources

ACPR, fiche pédagogique sur le statut d’intermédiaire en financement participatif (immatriculation ORIAS, contrôle ACPR), consultée le 16 octobre 2026.

ORIAS, fiche sur l’agrément de Prestataire de Services de Financement Participatif délivré par l’AMF, consultée le 16 octobre 2026.

HelloAsso, article de blog sur le financement d’une association (positionnement gratuit pour les associations), consulté le 16 octobre 2026.

Financera, fiche entreprise WE DO GOOD (immatriculation ORIAS n°17002712, fondation en 2013, rachat par érable°/Smart Impact en avril 2024), consultée le 16 octobre 2026.

Page « Financement » de WE DO GOOD, consultée le 16 octobre 2026 : mécanisme de partage de revenus, ticket d’investissement, absence de calendrier fixe.

Cet article vous a aidé ?

Une question sur cet article ?

Une situation particulière, une information à corriger ou à compléter : la rédaction lit tous les messages.

Écrire à la rédaction

Partager cet article

Thibault Garnier

Journaliste · politique, société, économie

Thibault explore les thématiques de société et de politique régionale. Passionné par le fact-checking, il vérifie minutieusement chaque élément avant de rédiger ses articles.

Voir tous les articles de Thibault

🔥 Les plus lus cette semaine

  1. 1Attelage voiture et contrôle technique : les points qui valent contre-visite
  2. 2Fermeture du Buffalo Grill à Chateaufarine : un signal d’alarme pour l’hygiène alimentaire en Franche-Comté
  3. 3Avis Commode MALM IKEA – qualité et durée de vie
  4. 4Planifier des repas économiques pour la semaine
  5. 5Le Super Comice 2026 : Une Renaissance Attendue pour l’Agriculture Franc-Comtoise

Encore en Vos droits